Wednesday, August 4, 2010






4 août 2010 - C'est le calme après la tempête... Quelle fin de semaine! Notre équipe de 17 est arrivé à Zénon au cours de la semaine dernière... artistes, techniciens, etc. Dès mardi, Véronique Poulin et moi prenions la route pour Zénon Parc. Puis il y aura les répétitions avec les deux choristes Gisèle Lalonde, Suzette Riou... et à partir de jeudi soir avec le bassiste-batteur métis Charles Lemire ainsi que mon ami le guitariste-bassiste Éric Asswad arrivé le matin même de Montréal. Il y a tellement à faire. Véro et moi devons revoir le scénario, apprendre les monologues et mémoriser les paroles des chansons.

Dès jeudi, Stephan arrive de Saskatoon et s'envole aussitôt en avion avec le pilote Firmin Dion afin de tourner des images du village qui seront intégrées aux projections. Le lendemain matin, c'est au tour de Jean-Sébastien de monter en avion pour compléter le tournage. Vendredi, les deux remorques sont mises en place pour servir de scène devant l'élévateur à grain du village. L'électricien vient terminer son travail... c'est fou combien de watts exige un tel spectacle... lumières, vidéo, son. Les répétitions se poursuivent tout la journée à la salle paroissiale du village pendant qu'au pied du silo, le paysage se transforme. Puis samedi 17hoo, c'est la prise de son sur la scène. Des nuages gris apparaissent et deviennent menaçants. Lorsque je sens une première bourasque de vent, je débranche ma guitare et crie aux autres qu'il de recouvrir l'équipement.. au plus...!%?&!!

Le déluge, les amis! Heureusement qu'un de nos bénévoles avait vu approcher les nuages. Il avait sauté dans son gros 4X4 jaune et conduit à toute vitesse jusqu'à sa ferme chercher des toiles pour recouvrir l'équipement. Juste comme il revient au site, nous on débarque de la scène en courant et puis tout le monde travaille en équipe pour protéger les équipements avant de sauter dans la boite du camion de location pendant que la pluie tombe avec furie! Pas de performance cette nuit... Le moral est bas mais il nous reste un soir pour se reprendre.

Le lendemain matin, on enlève les toiles pour laisser sécher les équipements. La journée est chaude et ensoleillée... tout comme elle l'était hier avant le déluge. A midi, il y a rencontre d'équipe... on doit prendre une décision, aller de l'avant au site actuel... ou bien tout déplacer dans la patinoire du village.. à l'abri de la pluie. Toute l'équipe est d'accord, on fonce! Un silo à souvenirs sans silo... non. Et cette fois, ce sera la bonne! L'équipe est enthousiaste. Après la défaite d'hier, on refuse de reculer. Suite à la première prestation du groupe la Raquette à claquette à la patinoire, leur jeune violoneux invite le public à le suivre jusqu'à la sortie ou il se met debout dans la boite d'un camion qui mènera la foule jusqu'à mi-chemin du silo ou le jeune Leblanc de la Nouvelle Écosse sera rejoint au violon par la jeune fransaskoise Véronique Poulin.. puis Véro vient nous retrouver près de la scène ... le montage audio Les Vieux (beat techno, découpage de beats et de voix de pionniers du village) débute, le groupe prend place sur scène et la performance tant attendue démarre...


Sunday, July 25, 2010

De Zénon jusqu´à Cusco

Quand je rencontrais Michel pour une entrevue au mois de septembre dernier à Montréal, ce n´était pas pour parler de Zénon, mais de son travail. Tout semble pourtant nous ramener à Zénon. Ça faisait pas une demie heure qu´on parlait qu´on abordait déjà notre petit village et son centenaire, et qu´on discutait de tout ce qu´il y avait à y célébrer. On parlait personnages importants. On revisitait endroits, petits recoins, rues à famille, histoire de camions et de tracteurs...et on semblait se perdre parmi ces beaux souvenirs. Ce qui était frappant par contre c´est que nous n´avions pas nécessairement vécu au mème moment à Zénon, mais nous pouvions quand mème partager tant de souvenirs communs de notre expérience là-bas. C´était comme si on avait lu deux chapitres différents d´un mème livre : avec des personnages, des lieux et des scénarios similaires...mais différents.
Il y avait tant de belles choses à raconter qu´on se disait que ça valait la peine de vraiment le souligner dans le cadre de cette belle retrouvaille qui allait avoir lieu bientòt chez nous. En tant qu´artistes, en tant qu´artisans, en tant que poètes....en tant que chansonniers...nous sommes le résultat de tout ce mélange de circonstances, de personnages, de couleurs et de mouvement qui ont formé notre village. Marqués par ce petit monde, cet ìlot de solitude où avait pu naìtre notre créativité, nous nous devions de lui faire hommage. C´est tout de mème à Zénon que tout avait commencé.
Travailler en équipe avec Stephan, Véronique, Jean-Sébastien et Michel, c´est un peu apprendre à connaìtre la dynamique intéressante de notre village. Certains y ont vécus, certains s´y sont retrouvés, charmé par une belle zénon parkienne, ou par un simple jeu de circonstances.
J´ai toujours eu l´impression que tout le monde avait un lien avec Zénon, ou finissait par en entendre parler, ou finissait par s´y rendre, ou connaìssait quelqu´un qui y était déjà allé. Je sais pas, mais il me semble qu´on a marqué pas mal de monde... de manière positive j´espère...Mais je suis certaine qu´on a sùrement traumatisé du monde avec nos blagues plates...Faut dire qu´on aime ça rire à Zénon.
Notre équipe, celle du Silo à souvenirs, devait trouver une manière de synthétiser des milliers d´histoires, de personages, et de lieux pour former une oeuvre qui pourrait représenter ce petit monde qui éxiste maintenant depuis plus de 100 ans. Pas facile. On avait tant de choses à se dire! Puis nous sommes allés à Zénon pour tourner un peu de footage, Véronique et moi sommes aussi allés aux écoles. Je n´étais pas allé à Zénon depuis au moins 4 ans, alors ça m´avait vraiment marqué, ce retour aux sources. Nous nous sommes réellement beaucoup amusé à nous promener dans le village et à y retrouver la source de notre inspiration. De plus, les gens du village nous ont accueilli (rien de trop surprenant) avec toute la chaleur et tous les sourires qui font son charme. On nous a prèté conseils, machines, temps etc. pour nous aider, et tout ça avec grand enthousiasme. On sent que les gens du village ont hàte de voir ce que nous allons leur présenter, et pour nous aussi, c´est excitant.

Friday, July 23, 2010

Comment c´est, ce bout du monde d´où tu viens?

Arequipa, Pérou, juillet 2010

Québec?
No.
But from Canada...?
Yep.
...and French?
Yep.
...so where in Canada then?

Bonne question.
On s´fait poser beaucoup de questions en voyage, souvent le mèmes, mais toujours aussi pertinentes, des questions du genre : d´où tu viens toi? et comment c´est, ce bout du monde d´où tu viens?

Au début on s´essaye.
J´habite dans une province qui a un nom que tu ne pourras pas prononcer,
c´est genre moyennement central, quoique si tu parles à un ontarien, apparemment, ça c´est central itou. Ça dépend sùrement de ton point de référence...
C´est hyper plat. Pis y´a beaucoup de champs.
Y´a des gens qui aiment pas ça, mais moi j´aime pareil.
Apprécier la prairie pour moi, c´est comme aimer l´océan.
Les gens des maritimes, y doivent pouvoir aimer ça aussi, la prairie.
Moi j´aime bien l´océan.

Je voyage depuis presque deux mois en Amérique du Sud. Je suis partie de Saskatoon, je suis passée par l´Argentine pour me rendre jusqu´en Bolivie pour finir ici à Arequipa, au Pérou. Ma partenaire de voyage s´appelle Geneviève, une ancienne coloque à Ottawa, originaire de la ville de Québec.
Quand on parle du Canada aux gens d´ici, moi et Geneviève, défois on nous demande si on vient vraiment du mème pays.

C´est dròle que d´un coin du pay à l´autre, d´une communauté à l´autre, il puisse y éxister tant de différences.
Quand on voyage, on s´fait poser pleins de questions,
pis on fini par s´en poser plus.
Je me souviens qu´aux Olympiques à Vancouver, mon frère Étienne discutait de ses origines avec des Français. Ces derniers essayaient de comprendre la situation.
Ok.
Alors tu vis dans une province habitée par une majorité anglaise.
Et vous ètes une petite communauté isolée, entourée par des Anglais?
Ma foi, mais vous ètes un vrai petit village de rebels gaulois!
Des rebels, on est des rebels.
Yeahhh
Quoi de mieux que de se faire traiter de rebels.
C´est comme ennivrant.
Un vrai ego trip.
Chapeau à cornes, tout le kit.
Quoiqu´on a pas vraiment de gros bateaux...
Quand on voyage, on fait rien qu´essayer de répondre à des questions.
Ce qui est étrange par contre, c´est que c´est souvent pas nous qui les répondent.
À la question : d´où viens-tu?
J´ai appris à répondre
de Zénon.
À la question : comment c´est, ce bout du monde d´où tu viens?
J´ai appris à répondre
c`est comme vivre
parmi les nuages
dans un océan de couleur
que fait bercer le vent...
Zoé Fortier

Wednesday, July 14, 2010

Lettres de mon silo

14 juillet 2010 – Je reste assis dans la voiture. Stephan ne trouve plus son téléphone portable. Il retourne chez Jean-Sebastien et je klaxonne pour que JS sorte ouvrir la porte. Je le vois sortir, rentrer a nouveau et ressortir avec un téléphone, puis rentrer a nouveau et ressortir avec son téléphone d’une main et le cellulaire de l’autre.. il a telephone le telephone a Stephan afin de le trouver..

Le vélo est a l’arrière du camion. Dans les rues de Saskatoon, des flaques d’eau temoignent de la dernière pluie. Il pleut sans répit depuis quelques mois. Les fermiers de la province sont inquiets. Beaucoup d’entre-eux n’ont pu semer que la moitié de leurs terres… mon frère en fait partie. Il m’explique que la moitié de ses semences ne produiront rien car elles ont été noyées.

Stephan conduit sous le pont College et longe la rivière Saskatchewan jusqu’au nord de la ville ou il me depose chez Eric et Sarah. Leur chat, Jamaique, grand matou noir, me rencontre a la porte, heureux de me voir. Avant de m’endormir, je revois quelques textes dans ma tête puis je poursuis ma lecture des Lettres de mon moulin… en pensant aux Souvenirs de mon silo.

Tuesday, July 13, 2010

Avant premiere ... Routes Gallery, Harris SK


13 juillet 2010 – Le monde est petit en SK. Au magasin d’instruments, je croise un guitariste de Nipawin qui m’a déjà accompagne lors d’un spectacle a Edmonton. Lorsque je me rend a la caisse, voilà que je croise Freddie Pelletier, talentueux guitariste country dont j’ai pris quelques cours alors que j’étais artiste en résidence a Zénon Park. Freddie donnait des cours a Bellevue et se déplacait aussi a toutes les semaines jusqu'à Zénon donner des cours aux jeunes du village. Il me file un dépliant du camp de guitaristes qu'il organise chaque été a son ranch. Puis je croise Diane Lepage qui nous invite a présenter un concert le 24 juillet dans le cadre des célébrations du centenaire de St-Denis… one-stop shopping!

En soirée, le soleil se recouvre d’une couche de gris qui s’étend jusqu'à l’horizon. Véro et moi conduisons les 100 kilomètres qui séparent Saskatoon et le petit village de Harris. La salle est superbe, une ancienne église reconvertie en salle d’exposition et de concert par Liza Gareau-Tosh. C’est un vrai petit bijou. Lorsqu’on arrive, la scene est déjà garnie d’un système de son et d’eclairages et les bancs d’église placés devant. L’acoustique de la salle est excellent… pas besoin de beaucoup d’amplification. Peu de public ce soir la, juste assez pour qu’on répete nos chansons. Lorsqu’on quitte Harris, la pluie nous accompagne jusqu'à Saskatoon.

Friday, July 9, 2010

... retour a Zenon


9 juillet 2010 – Parti pour Zénon avec Véronique vers 18h30. Je joue au DJ pendant qu’elle conduit… Radio Radio, Radiohead, Daniel Lanois, Dylan, Malajube, Lanois, Marchildon, Eels, Beck, Moby… On traverse Tisdale puis on tourne sur la ‘baseline’ jusqu’au petit signe qui dit Aylsham puis on descend dans la vallée des Marchildon et la ferme paternelle. Il fait nuit déjà lorsqu’on entrepose les équipements et instruments dans notre studio, la maison-sculpture d’un de mes frères ou on répetera dans les jours a venir. Véro me laisse devant la maison et conduit en direction de la ferme de ses parents a quelques kilometres. Je rentre chez mes parents, dépose ma guitare et ma valise. Je m’assois au salon avec eux et regarde les nouvelles a la télé française, puis je jète un coup d’œil au DVD de photos qui serviront au nouveau livre d’histoire de Zenon Park et parmi lesquelles on pigera pour nos éléments vidéo. Je dors cette nuit dans un silence absolu… dans cette chambre de mon enfance aux murs tapissés de souvenirs.

Sunday, July 4, 2010

Jean-Sébastien découvre Zénon!


3 juillet 2010 - Levé tôt, multiples tournages.. au village (couvent, élévateur, rues en auto, église).. grimpé au haut d'énormes silos à grain pour capter un magnifique coucher de soleil.. un tour de sprayer avec Daniel, découverte des abeilles coupeuses, des habitants francophones de la région.. un monde à découvrir, un monde à partager.. en images..